Construire dans une ville sans plan local d’urbanisme : ce qu’il faut savoir
- Post by Alain Chabod
- 13 février 2025

Construire dans une commune sans plan local d’urbanisme (PLU) reste possible sous certaines conditions. Cette situation découle d’un choix administratif historique, car certaines communes, souvent de petite taille, n’ont pas jugé nécessaire d’élaborer un PLU en raison de coûts et de démarches administratives importants. De plus, la loi du 13 décembre 2000 permet aux communes de s’en passer si elles estiment que l’évolution de leur territoire ne le justifie pas. En l’absence de PLU, le Règlement National d’Urbanisme (RNU) s’applique et limite les nouvelles constructions aux zones déjà urbanisées, sauf dérogations prévues par l’article L.111-4 du Code de l’urbanisme.
Le Règlement National d’Urbanisme (RNU) trouve son origine dans les principes généraux de l’urbanisme établis au XXe siècle, notamment pour garantir une gestion cohérente du territoire en l’absence de documents d’urbanisme locaux. La loi d’orientation foncière de 1967 a jeté les bases d’un cadre national, renforcé par la loi SRU du 13 décembre 2000, qui a clarifié les modalités d’application du RNU. Ce règlement vise à encadrer les constructions dans les communes sans PLU, en imposant des règles minimales d’occupation des sols adaptées aux réalités locales.
Le RNU, encadré par les articles L.111-1 et suivants du Code de l’urbanisme, régit les règles d’urbanisme dans les communes dépourvues de PLU, de carte communale ou de document assimilé. L’article L.111-3 établit que les constructions nouvelles sont autorisées uniquement dans les zones « actuellement urbanisées ». Ces articles impliquent que les projets doivent respecter des critères stricts liés à la sécurité, à la salubrité et à l’intégration harmonieuse dans le paysage existant, assurant ainsi un développement contrôlé même en l’absence de documents d’urbanisme locaux.
La définition d’une zone urbanisée repose sur des critères établis par la jurisprudence :
Les dérogations prévues par l’article L.111-4 du Code de l’urbanisme nécessitent de remplir des conditions spécifiques et de suivre des démarches administratives précises. Pour en bénéficier, le demandeur doit constituer un dossier détaillé comportant une justification de la nécessité du projet, des plans, et une description des travaux envisagés. Les motifs acceptés incluent l’extension ou la réhabilitation d’un bâtiment existant, la nécessité d’une construction pour une activité agricole, ou encore un intérêt communal majeur. Ce dossier est soumis à l’instruction de la mairie et peut nécessiter l’avis de services spécialisés. En cas de refus, un recours devant le tribunal administratif est possible dans les deux mois suivant la décision.
L’article L.111-4 du Code de l’urbanisme autorise certaines constructions en dehors des zones urbanisées, sous certaines conditions strictes : le projet doit démontrer sa nécessité pour l’exploitation agricole, son intérêt pour la commune, ou son incompatibilité avec les zones habitées. De plus, toute extension ou réhabilitation doit s’intégrer de manière harmonieuse dans le bâti existant et respecter les contraintes de sécurité et de salubrité définies par le Code de l’urbanisme :
En l’absence de PLU, les étapes restent similaires :
Un refus basé sur l’application du RNU peut faire l’objet d’un recours contentieux devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant sa notification. Une médiation préalable avec les services municipaux est souvent recommandée. La procédure de recours implique plusieurs étapes : la rédaction d’un mémoire exposant les motifs de contestation, le dépôt auprès du greffe du tribunal administratif compétent et la communication de pièces justificatives. Le tribunal examine ensuite le dossier et peut convoquer les parties à une audience avant de rendre sa décision. L’assistance d’un avocat est recommandée pour maximiser les chances de succès. Par exemple, dans un arrêt de la CAA de Lyon (n°2015LY02345), un permis de construire refusé pour non-respect des critères de zone urbanisée a été finalement accordé après qu’il ait été démontré que la zone disposait de réseaux d’assainissement et de voirie suffisants, éléments constitutifs d’un espace urbanisé.
En l’absence de PLU, les étapes restent similaires :
Un refus basé sur l’application du RNU peut faire l’objet d’un recours contentieux devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant sa notification. Une médiation préalable avec les services municipaux est souvent recommandée.
Les communes soumises à la loi Montagne doivent respecter des règles particulières : l’urbanisation doit s’effectuer en continuité des constructions existantes (CE, 16/04/2012, n°323555). Cette exigence vise à préserver l’environnement montagnard.
La carte communale constitue une alternative simplifiée au PLU. Elle présente plusieurs avantages : simplicité de mise en œuvre, coût réduit et clarté des règles pour les habitants. Toutefois, ses inconvénients incluent une souplesse moindre et une capacité limitée à anticiper le développement futur, contrairement au PLU qui permet une planification détaillée de l’urbanisme communal. Elle identifie les secteurs constructibles, même en dehors des zones urbanisées, et facilite ainsi les projets de développement dans les petites communes.
Construire sans PLU implique de se conformer au RNU, qui restreint les nouvelles constructions aux zones déjà urbanisées. Les exceptions légales offrent cependant des possibilités d’extension ou de construction spécifique, notamment pour les besoins agricoles ou communaux. Anticiper les contraintes et solliciter l’expertise d’un professionnel permet de sécuriser son projet et d’éviter d’éventuels recours administratifs.